Avant cette crise mondiale, certaines professions étaient dans le viseur du gouvernement Macron. Cela a été le cas pour les infirmiers qui ont subi une véritable refonte de leur secteur professionnel avec la nouvelle réforme des retraites. Un vrai désaveu pour cette profession qui s’est sentie dénigrée. Depuis la déferlante épidémie ducoronavirus, cette dernière est plus que jamais mobilisée mais se sent plus que jamais méprisée. Pour le porte-parole d’un Syndicat d’infirmiers, c’est la ministre Agnès Buzyn qui en est la cause en leur faisant perdre deux mois décisifs pour gérer cette pandémie qui a touché plus de 25 pays.

Nos confrères de l’OBS offrent une tribune à un représentant de ces héros de l’ombre, dans les tranchées lors de la plus grande crise sanitaire de ce millénaire.

Ce sont des propos irrévérents qu’adresse le porte-parole du Syndicat d’Infirmiers INPI. « Agnès Buzyn nous a fait perdre deux mois décisifs » regrette le représentant qui est dans la tourmente coronavirus que subit la France, 3ème pays européen le plus frappé par la maladie de Wuhan. Il revient sur le quotidien de la profession, plus que jamais mobilisée dans les hôpitaux. Alors qu’avant cette pandémie, ce métier était l’objet d’une réforme qui revoyait les budgets à la baisse, aujourd’hui les infirmiers sont les héros de cette urgence.

Un attentisme gouvernemental

Devant les journalistes de l’Obs, Thierry Amouroux, porte-parole du syndicat, ne mâche pas ses mots. Pour l’infirmier, la ministre de la Santé est responsable d’une mauvaise gestion de crise. Premier argument : un manque manifeste de masques chirurgicaux pour se protéger du COVID 19. « Agnès Buzyn, qui raconte avoir compris la portée de l’épidémie […] ne s’est même pas renseignée sur le stock de masque de réserves sanitaires » s’exclame le représentant de cette profession capitale lors de cette crise sanitaire.

Puis d’ajouter, en colère : « Elle nous a fait perdre deux mois décisifs. Au moins, Olivier Véran [ndlr : son successeur au ministère] a eu le bon réflexe en lançant les commandes. Thierry Amouroux explique également que la « technostructure est lourde » et que les restrictions risquent de la ralentir plus qu’elle ne l’est déjà. Un éclairage qui traduit la difficulté à gérer cette crise d’envergure mondiale.

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